Mis en ligne par
Ignace de Witte le 10 février 2026
La «Croisière Jaune» est un incroyable périple automobile de 13.000 km organisé par André Citroën, traversant l’Iran, les montagnes afghanes, le Tibet et le désert de Gobi, avec pour destination finale Pékin, atteint le 12 février 1932. Moins d’un siècle plus tard, les Chinois font le chemin dans l’autre sens, suivant un itinéraire plus facile, et parmi eux il y a le jeune Leapmotor (né en 2015), qui suscite aujourd’hui la même stupéfaction de la part des européens que les C4 de l’expédition Citroën auprès des Pékinois de l’époque !
Pourquoi est-ce que nous vous parlons de la Croisière Jaune ? Pas seulement parce que le «nouveau» logo Citroën est en fait celui qui était sur les véhicules qui ont participé à la Croisière Jaune, mais parce que nous avons assisté à une conférence de presse un peu sur-réaliste pour présenter deux nouveautés : le nouveau Citroën C5 Aircross, made in France, et le Leapmotor B10, made in China.
Les 2 voitures ont été présentées en même temps aux journalistes et concourent dans la même catégorie C-SUV (SUV +4m50), qui représentent 15 % du marché local et qui est très concurrentiel. C’est le segment des voitures familiales par excellence, de bons gros break, un peu plus haut sur pattes pour dominer la route et offrir plus d’espace aux occupants, tout en restant assez compacts pour se garer facilement en ville.
Le Citroën C5 Aircross est fabriqué à Rennes, en France. Si Julien Hoarau, directeur de CFAO Motors le souligne, c’est parce que ce n’est pas anodin : à une époque où tout le monde est contraint et forcé de délocaliser dans les pays de l’Est ou au Maghreb pour subsister, le fait qu’un constructeur français mise encore sur le savoir-faire national est un acte patriotique qu’il convient de saluer.
Le Leapmotor B10 est quant à elle fabriquée en Chine, il y a bien un projet d’usine en Pologne ou en Espagne, mais uniquement dans l’éventualité où il prendrait à l’Union Européenne l’envie saugrenue de protéger l’industrie automobile européenne (sarcasme).
1ère impression : force est de constater que les deux voitures ont une qualité de fabrication comparable, excellente, mais incarnent des cultures différentes. Le C5 et le B10 ont sensiblement les mêmes dimensions en largeur et hauteur, le C5 est cependant 13 cm plus long, mais tous les 2 sont parmi les plus spacieux du segment C-SUV. En ce qui concerne le coffre : 651 litres pour la française, 430 litres pour la chinoises, donc… cocorico !
Le français s’est permis une fantaisie esthétique au niveau des blocs feux arrières, très futuristes, et des «glaçons» dans les blocs feux avant, ce qui lui confère une signature lumineuse absolument unique. Le chinois a un design plus «lisse», il arbore simplement un bandeau lumineux qui relie les deux blocs optiques arrière, pour faire comme tout le monde, avec quand même des feux de jour avant simples mais très graphiques.
Le chinois marque un point avec sa possibilité de baisser complètement le dossier des sièges AVANT pour faire du cocooning et regarder les étoiles, grâce à l’immense toit panoramique (1,8 m2) ! Le français marque un point avec le dossier de sa banquette ARRIÈRE, inclinable jusqu’à 33°. Modularité: ex-aequo.
C’est l’inverse dans l’habitacle, celui du SUV français est classique, avec quand même un effort pour faire une console centrale flottante et un écran vertical à la Tesla (que Citroën appelle écran cascade). Le tableau de bord du SUV chinois surprend par l’absence totale de boutons, sauf sur le volant, toutes les commandes se pilotent depuis l’écran tactile central de 14,6", même le réglage des rétroviseurs et l’allumage des phares ! Il y a aussi ces 6 encoches sur le tableau de bord côté passager, destinées à accrocher des accessoires tels que porte gobelet, tablette, etc. toujours dans l’optique de cocooner. Le B10 a abandonné la teinte orangée que l’on trouve sur la C10, qui correspond effectivement plus à une clientèle asiatique (ou américaine), et a adopté à la place un choix entre deux teintes plus conformes aux goûts européens, le gris foncé et le blanc ivoire, comme sur la voiture de présentation.
Le nouveau C5 a des sièges plus moelleux que la génération précédente, et toujours sa fameuse suspension à butées hydrauliques progressives, pour se rapprocher du niveau de confort de la DS historique. La liaison au sol du français repose sur 4 MICHELIN e-Primacy en 225/55 R 19, celle du chinois sur 4 LING LONG Sport Master en 225/50 R 18. Le chinois a obtenu 5 étoiles au Crash test EuroNcap, contre… 4 pour le Citroën C5 Aircross. Sans commentaire.
Le SUV Chinois est disponible en version électrique et une version hybride est prévue pour très bientôt. Le français offre un plus grand choix de motorisations : micro-hybride 48 volts, hybride rechargeable et deux motorisations électriques (voir les fiches techniques en bas de page).
Et le prix me direz-vous ? Pour le lancement, le C5 Aircross est à partir de 37.900 € (micro-hybride 145 ch) et le Leapmotor B10 à partir de 35.990 € (électrique 218 ch).
En statique, les deux voitures ont donc chacunes des points forts et il faudra un essai dynamique pour départager ces 2 nouveaux challengers du segment C-SUV (ce qui sera fait rapidement) ! En tous cas, bravo à CFAO Motors d’avoir oser faire une conférence de presse commune pour présenter ces deux voitures, une française et une chinoise, car cela correspond exactement à l’expérience client en 2026. D’autre part, au delà de leurs différences, les deux marques sont intimement liées (comme Tintin et Chang !) puisque toutes les deux sont distribuées au niveau international dans le réseau Stellantis (qui détient 20 % du jeune constructeur chinois) et au niveau local par CFAO Motors !
Photos © vroum.info
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)
Photos © vroum.info
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)
![]() C5 Aircross |
Micro-hybride 48 volts | Hybride rechargeable | électrique 210 ch | électrique 230 ch |
|---|---|---|---|---|
| Longueur | 4652 mm | |||
| Largeur | 1936 mm (caisse) | |||
| Hauteur | 1691 mm | |||
| Empattement | 2784 mm | |||
| porte-àfaux avant | 953 mm | |||
| porte-àfaux arrière | 915 mm | |||
| Voie avant | 1620 mm | 1630 mm | ||
| Voie arrière | 1622 mm | 1634 mm | ||
| garde au sol | 201 mm | 206 mm | ||
| Coffre | 651 litres (1985 litres) | |||
| Poids à vide | 1554 kg (1629 kg) | 1874 kg | 2109 kg | kg |
| Fabrication | Usine Citroën de Rennes ![]() | |||
| Moteur thermique | ||||
| Type | 3 cylindres Essence 1.2 PureTech | 4 cylindres Essence 1.6 THP | ||
| Cylindrée | 1199 cc | 1598 cc | ||
| Puissance | 136 ch (100 kW) | 150 ch (110 kW) | ||
| Couple | 230 Nm | Nm | ||
| Réservoir | 44 litres | 55 litres | ||
| Moteur électrique | ||||
| Type | 48 volts | volts | 400 volts | |
| Puissance | 28 ch (21 kW) | 125ch (92 kW) | 210 ch (154 kW) | 230 ch (170 kW) |
| Couple | 51 Nm | 320 Nm | 345Nm | 343 Nm |
| Batterie | 0,88 kWh | 21 kWh | 73 kWh | 97 kWh |
| Moteurs thermique + électrique | ||||
| Puissance totale | 145 ch (107 kW) | 225 ch (165 kW) | 210 ch (154 kW) | 230 ch (170 kW) |
| Couple total | 230 Nm | 360 Nm | 345 Nm | 343 Nm |
| Boîte de vitesses | Auto 6 | Auto 7 | 1 seul rapport | |
| Performances | ||||
| Vitesse maximale | 201 km/h | 220 km/h | 170 km/h | km/h |
| 0-100 km/h | 10,2 sec | 8,7 sec | 8,9 sec | ? |
| émissions de CO2 | 127 g/km | 55 g/km | zéro émission | |
![]() | Leapmotor B10 | |
|---|---|---|
| Longueur | 4515 mm | |
| Largeur | 1615 (1885 aux rétros) mm | |
| Hauteur | 1655 mm | |
| Empattement | 2735 mm | |
| Porte-à-faux avant | 881 mm | |
| Porte-à-faux arrière | 899 mm | |
| Voie avant | 1615 mm | |
| Voie arrière | 1605 mm | |
| Garde au sol | 170 mm | |
| Coffre | 430 litres (1700 litres) +25 litres (frunk) | |
| Poids à vide | 1780 kg | 1845 kg |
| Moteur électrique | ||
| Puissance | 218 ch (160 kW) | |
| Couple | 240 Nm | |
| Transmission | aux roues arrières (propulsion) | |
| Batterie | 56,2 kWh | 67,1 kWh |
| Performances | ||
| v-max | 170 km/h | |
| 0-100 km/h | 8 sec | |
| Autonomie WLTP | 361 km | 434 km |